Lettre ouverte à la Godille

19 mai, 2020 par
Lettre ouverte à la Godille
Justine PERUSSEL
 

Chère Godille,

Depuis le lancement de notre communication en octobre 2019, une question persiste au sein de l'équipe TEMO : comment dénommer notre propulseur électroportatif.

Moteur innovant, encore méconnu sur le marché du nautisme, il est inspiré d'objets électroportatifs comme la trottinette électrique ou l'aspirateur dyson mais aussi de moyen de propulsion existants et exotiques tels que le long tail thaïlandais.

De forme tubulaire, nous souhaitions nous rapprocher au maximum de la légèreté et de l'encombrement d'une rame en y associant l'assistance électrique du moteur.

Après 9 mois de R&D intensive, TEMO le propulseur électroportatif était né.

Au fil des salons et de nos rencontres avec les plaisanciers et pêcheurs, ce terme un peu barbare de propulseur, difficile à visualiser sans l'objet à nos côtés a très vite été rebaptisé par la "godille électrique".

La godille est à l'origine (toi même tu sais) - depuis ta naissance en 1792 - un aviron placé à l'arrière d'une embarcation légère et qui permet de la propulser par un mouvement hélicoïdal de la pelle.

Art ancestral, pratiqué par des marins depuis des années et qui se transmet de génération en génération, godiller est une action élégante de par son silence et sa naturalité mais aussi de par son utilisation, un mouvement beau et envoutant.

Tu occupes donc une place bien particulière dans le coeur des plaisanciers et plus particulièrement des plaisanciers bretons où ta discipline est encore couramment pratiquée, intacte et sacrée.



Aussi, lorsque TEMO a été renommée la "godille électrique", nous étions - avant toute chose - amusés voire honorés. TEMO étant né entre la Loire Atlantique et la Bretagne, il y avait du sens et nous étions touchés que les plaisanciers y trouvent un lien avec toi, comme une cousine lointaine et bienveillante qui aide les personnes à se représenter l'objet : 

- "Alors vous imaginez un tube long, de la taille d'une rame... Ok... Et vous avez au bout une hélice... Voilà... Vous fixez l'ensemble dans sa dame de nage à l'arrière du bateau et c'est parti ! Ça s'appelle TEMO... Oui, c'est ça... Effectivement dit comme ça on peut penser à une godille électrique."

Blasphème et trahison ! Voilà comment ça s'est passé, je t'assure. 

Repris dans de nombreux articles de presse d'abord, puis dans notre communication ensuite, l'équipe cherchait avant-tout à te faire passer un clin d'oeil amical et à tous ceux qui l'avaient ainsi nommé. Sans chercher bien évidemment et d'aucune façon à faire de tort à qui que ce soit, et surtout pas à toi chère godille.

Nous t'aimons beaucoup et respectons ton sport. Et quand bien même TEMO devait s'apparenter de loin à ta famille, alors dans ces cas là nous parlerons davantage de motogodille. (@Antoine, si tu nous écoutes..! https://www.youtube.com/watch?v=4P-8oT9LE4w

Qu'en penses-tu chères godille ? Deal ? On fait la paix ? On se serre la pelle ?

Nous en profitons pour ajouter ceci, cela nous tient à coeur :

TEMO n'a pas pour vocation d'éradiquer la godille, ni aucune forme de rame d'ailleurs. Nous sommes pour l'activité physique et ce jusqu'au plus bel âge. Si les plaisanciers sont en mesure de propulser manuellement leur embarcations légères pour rejoindre leur bateau, nous les encourageons. Pratiquants réguliers, nous en faisans autant. Tant que possible. 

Seulement force est des constater que les rames et les godilles ont leur limite et l'expérience nous a démontré que si parfois la propulsion manuelle devient compliquée (vent, courant, problème de santé) on ne souhaite pas pour autant investir dans un moteur classique.  S'il en existe de petites puissances, proposés pour les annexes, les modèles actuels restent très contraignants pour de si courts trajets : encombrants, lourds à porter, compliqués à installer - sans même devoir ajouter l'argument du moteur thermique, polluant et bruyant. Dans ce cas de figure, où la rame ne suffit plus mais où le moteur n'est pas non plus adapté, que reste-t-il ? Les sorties sur l'eau se raréfient, on attend une tierce personne pour sortir l'annexe, on se dit qu'on ira demain quand il y aura un peu moins de vent... on se décourage. 

Et c'est là que TEMO souhaite faire toute la différence. Le cap que suit notre boussole est ni plus ni moins : 

Offrir un moyen de propulsion léger, extrêmement simple pour favoriser les sorties nautiques sur les embarcations légères et permettre aux plaisanciers et pêcheurs de rejoindre le plus souvent possible leur bateau ou leur spot de pêche. 

Pour le bien de tous ceux qui pratiquent et le plaisir de la navigation. En en plus c'est Made In France et respectueux de l'environnement (faire bien ou ne pas faire comme disait ma grand-mère...).

Alors ensuite qu'on le nomme moteur d'appoint, propulseur électroportatif, moteur nouvelle génération, motogodille ou TEMO tout simplement (cela nous va très bien), le principal pour nous est que ce nouveau moyen de propulsion trouve sa place parmi les plaisanciers et les pêcheurs, qu'il soit un compagnon discret et fiable pour prolonger la pratique et offrir le plus de belles sorties possibles à ses propriétaires et à leur famille. 

Vive la godille et vive TEMO. En cohabitation pour très longtemps. 

Ahoy ! 

L'équipe


This article is available in French.

Dieser Artikel ist auf Französisch verfügbar.

Este artículo está disponible en francés.

# TEMO
Lettre ouverte à la Godille
Justine PERUSSEL 19 mai, 2020
Partager
Étiquettes
Archiver