Plaisance : la low-tech s’invite à bord

Plaisance : la low-tech s'invite à bord

Etre utile, accessible et durable : ce sont les maîtres mots de la low-tech. Créée par antonymie à la high-tech, la « basse technologie » affiche un vrai potentiel pour faire face aux enjeux écologiques du XXIe siècle. Le quotidien en mer, riche en système D, est déjà naturellement semé de low-techs. L’occasion pour TEMO de sélectionner quelques outils à fabriquer soi-même qui amélioreront la vie à bord, en toute sobriété.

Fabriquer une lampe solaire

 Le principe : réutiliser les batteries défectueuses d’un ordinateur portable pour construire une lampe solaire autonome.

Le Low-Tech Lab de Concarneau s’est inspiré du système mis au point par l’association philippine Liter of Light pour construire une lampe solaire portative moyennant 2 h de travail et 10 €. A recharger la journée pour éclairer vos soirées en mer.
Source https://wiki.lowtechlab.org/

Construire sa propre une éolienne

Le principe : transformer l’énergie du vent en énergie électrique.

Quelle satisfaction de réaliser soi-même une éolienne ! Le Low-Tech Lab propose un tuto pour fabriquer une éolienne à partir de moteurs d’imprimante. De quoi recharger à bord un téléphone portable, alimenter une pompe ou allumer une LED.

Concevoir un régulateur d’allure sur mesure

Le principe : laisser le bateau tenir la barre tout seul selon un angle défini par rapport au vent. Il s’agit d’un pilote qui fonctionne sans électricité, actionné par le vent et la vitesse du bateau. Le régulateur d’allure se compose de deux parties :

- Une partie aérienne, que l’on oriente dans l’angle voulu par rapport au vent ;

- Une partie immergée qui reçoit les variations induites par la pale aérienne.

La pale dans l’eau transmet les mouvements à la barre via des drosses, repositionnant le bateau à l’équilibre par rapport au vent et ainsi de suite.

Plans et techniques : Cap Horn à la voile de Bernard Moitessier, Grands Coureurs et plaisanciers de Marin Marie ou l’article d’Yves Gélinas dans la revue Loisirs Nautiques (n°185, 1987).

Installer un pédalier multifonction

Le principe : utiliser le pédalier et la chaîne d’un vieux vélo pour en faire un générateur multi-usage.

Aussi appelé bicyclette stationnaire, ce procédé fleurit dans les lieux publics pour activer les bornes de recharge de portables. A vous de l’appliquer à vos besoins les plus fréquents à bord : faire tourner un mixeur, activer une pompe, etc.

Mayapedal.

Récupérer l’eau de pluie

Le principe : profiter d’une ondée pour faire le plein d’eau douce.

Quelques mètres de tuyau, un entonnoir et une bonne pluie présentent l’occasion rêvée pour remplir les réservoirs. Voici deux astuces faciles à mettre en place pour faire le plein :

- Prendre un ris dans la grand-voile. Cette gouttière improvisée guidera l’eau soit vers l’extrémité de la bôme, soit vers le mât. Affinez l’inclinaison avec la balancine. Astuce : laissez la voile se rincer avant de plonger le tuyau dans le réservoir.

- Tendre une bâche avec un point d’inclinaison vers lequel vous placerez un passe-coque.

Le plus :
équiper son système d’eau douce de pompes à pied ou à main. L’idéal pour consommer moins d’eau, moins d’électricité et avoir toujours accès à l’eau douce même en cas de panne de batterie !

Cuisiner low-tech à bord de son bateau

La conservation low-tech des fruits et légumes

- La pasteurisation. Chauffer à plus de 80°C fruits et légumes et les mettre en conserve à chaud pour augmenter leur durée de conservation. Lors d’une escale, le surplus de fruits et légumes pourra être transformé en compotes et ratatouilles. Une fois pasteurisées, vous pourrez les conserver des années ! 

A noter : le processus de pasteurisation doit suivre des règles précises d’hygiène et de température, consultez dans le détail les techniques de pasteurisation avant de vous lancer.

- La lactofermentation permet de conserver des légumes crus dans une solution salée. Un procédé sûr, grâce au PH naturellement acide de la lactofermentation. Les légumes lactofermentés conservent leurs vitamines et augmentent même leur teneur en probiotiques.

C’est un complément alimentaire idéal pour les longues traversées et totalement sobre en énergie.

A noter : les légumes lactofermentés sont acides. Ils sont destinés à être servis en accompagnements dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée.

La cuisson low-tech des aliments

- La marmite norvégienne

Après avoir été portée à ébullition, on place la marmite couverte dans un compartiment isolant. La cuisson prend en général 1/3 de temps en plus, mais on peut dans des conditions optimales économiser jusqu’à 50% d’énergie.

Cuisson lente et basse température : des procédés recommandés par les plus grands chefs ! Découvrez tous les secrets de la marmite norvégienne.

Source : http://www.ecologiehumaine.eu/ecogestes-focus-sur-la-marmite-norvegienne/

- Le four solaire

Une boîte isotherme équipée d’une vitre et de deux oreilles réflectrices concentre la chaleur des rayons solaires.

- Le multi-cuiseur solaire

Une alternative intéressante à bord : à la fois marmite norvégienne, four solaire, séchoir et glacière, il multiplie les possibilités de menus à bord.

Source : https://wiki.lowtechlab.org/wiki/Multicuiseur_solaire

Faire avancer son bateau, s’éclairer, avoir de l’eau ou cuisiner : la low-tech trouve mille applications à bord d’un bateau. A vous de voir quels outils vous permettront vous aussi de faire le pari d’une technologie durable !

Et vous, quelles low-techs avez-vous installé à bord de votre bateau ?

Plaisance : la low-tech s’invite à bord
Clémence Vollaire
27 avril, 2021
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